« ta rue comme mon voyage »

Dans nos villes, une lente, triste et inexorable disparition passe inaperçue, celle des bancs publics. Autrefois emplacement de rencontres et d’échanges, l’espace collectif devient aseptisé. Chargé de signatures, de traces  laissées par l’usage et l’usure, l’irremplaçable banc des poètes n’existera plus
Le lieu public, dans mon idéal, est celui que je retrouve en Palestine. Un sentiment de bienveillance prédomine dans le dédale des rues qui semblent dire que nous pouvons nous attarder, rêver.
Et les chaises sont là, isolées ou groupées, souvent usées et disparates. Accessoire de l’imaginaire, elles sont témoins de l’endroit, du temps qui passe et pourraient chuchoter beaucoup d’histoires. En plastique, formica ou bois peu importe, elles sont actrices du « vivre ensemble », créent une identité de la rue et la rythment. Posées sur les trottoirs, dans une ruelle déserte ou commerçante, elles portent une culture singulière et théâtrale des lieux publics.
La convivialité d’un espace commun s’appuie sur la particularité des personnes qui le traverse et la qualité de leurs échanges
Prenons le temps de ralentir, les chaises sont là pour nous le rappeler